Le développement durable Le développement durable est représenté par ses trois piliers (voir schéma ci-dessous).  Nous pouvons constater qu’il s’agit de l’équilibre entre l’économie, l’environnement et le social.
Cette notion est née en 1971 lors d’un colloque entre scientifiques et économistes à Fuonex en Suisse. On parlera tout d’abord d’éco-développement, terme qui se changera pour des raisons politiques en développement durable vers la fin des années 1980. Le rapport Bruntland, popularisé au Sommet de la terre à Rio en 1992, pose plusieurs principes fondamentaux du développement durable. Il est question d’équité entre générations, entre les pays ou différents individus. Il est toutefois peu convaincant en ce qui concerne le lien entre croissance économique et développement durable. Il est en effet difficile d’imaginer qu’un système basé sur une croissance infinie puisse être réalisable dans la mesure où nos ressources sont limitées. Le manque de clarté en ce qui concerne l’implication de la croissance économique révèle une contradiction avec les piliers du développement durable. En effet, la croissance économique est souvent destructrice pour la société et l’environnement. Le développement durable peut donc être abordé par tout courant de pensée, chacun privilégiant sans doute un des trois piliers. Cependant, il est vrai que la majorité des exposés sur le développement durable privilégie l’environnement et le social. Le but étant de pouvoir réaliser notre présent avec des solutions pérennes ne mettant pas en danger les générations futures. L’économie étant plus un outil pour parvenir à cet objectif. Le développement durable est donc applicable dans tout domaine et à fortiori pour les nouvelles technologies et l’informatique. Il y a deux grandes approches, celle de l’informatique en tant qu’outil, et celle de l’informatique en tant que produit de consommation. L'informatique en tant qu'outil L’informatique est aujourd’hui présente dans tous les milieux de recherche. Son implication dans l’évolution de notre société est incontestable et fort difficile à quantifier. Elle est utilisée dans la grande majorité des domaines de recherche et développement, ainsi que dans le milieu professionnel et personnel. Compte-tenu de son ampleur, seuls quelques exemples seront abordés. La dématérialisation est un des atouts avancés en faveur de l’environnement et de l’économie. En effet une économie dématérialisée, permet de diminuer les consommations énergétiques et donc limiter l’impact sur l’environnement. Le fait de dématérialiser les documents limite l’utilisation du papier, de tout matériel de support et de l’énergie nécessaire à leur transport et à leur réalisation. De plus, les documents ainsi dématérialisés sont accessibles par tout utilisateur, un nombre illimité de fois et peuvent être diffusés facilement (pas de transport « physique »). La dématérialisation améliore également la gestion et le suivi des documents et des informations, d’où un gain de temps et de d’argent. Cependant, ce côté positif est limité par son utilisation. En effet, beaucoup d’entreprises réalisent un grand nombre d’impressions de documents et ne possèdent pas de gestion de déchets générés par ces pratiques (papier, encre, etc). La prise en compte de l’énergie nécessaire aux ordinateurs et aux matériels utilisés pour la dématérialisation sera abordée plus tard. La Vente A Distance via internet représente une part de marché de plus en plus importante. Le fait de pouvoir choisir un produit, sans se déplacer, limite l’utilisation de véhicules et donc d’émanation de gaz à effet de serre. Cela n’est en fait valable que pour la phase de recherche, le « shopping » virtuel, qui permet de réaliser une économie réelle sur les déplacements. Concernant l’obtention du produit, il peut être choisi n’importe où dans le monde puis envoyé jusqu’à l’acheteur via des moyens de transports ayant un fort impact environnemental. Cela peut donc représenter un bilan plus négatif que celui d’un achat de proximité. De plus, cela complexifie les interactions économiques entre pays. L’utilisation de l’informatique en tant qu’outil n’a pas réellement de limite dans l’applicatif, c’est donc la démarche dans l’utilisation qui définie si elle se situe, ou non, dans une optique de développement durable. L’informatique en tant que produit de consommation L’informatique représente en fait un ensemble de matériels physiques qui possède un rythme de renouvellement très important et génère donc une grande quantité de déchets et de consommation d’énergie. Il y a 227,7 millions de PC vendus dans le monde. Sur les 227 millions, 138 millions sont destinés aux entreprises. Lorsque nous savons qu'environ 90% du parc informatique d’une entreprise se renouvelle tous les 3-4 ans, 120 millions seront renouvelés en 2010.  Entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits chaque année dans le monde selon le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement). Une étude sur les impacts de l’informatique sur l’environnement a été publiée par l’Université des Nations Unies, située à Tokyo. Fabriquer un PC pesant 24kg (écran compris) nécessite 240 kg de combustibles fossiles, 22kg de produits chimiques divers et 1,5 tonnes d’eau.  Voir le dossier de GreenPeace Les constructeurs peuvent donc améliorer leur méthode de construction ainsi que les matériaux utilisés. Il faut savoir qu’un ordinateur contient des produits chimiques dangereux et que le retraitement de matériels informatiques est complexe. Le recyclage informatique peut également se faire par une mise à niveau et un don ou une vente à bas prix à des familles n’ayant pas les moyens de s’acheter du matériel récent ou vers des pays en voie de développement. Cela n’élimine pas le problème de l’élimination, on ne fait que repousser l’échéance et parfois le lieu. Les convois humanitaires peuvent se révéler être un cadeau empoisonné. En effet, l’élimination des ordinateurs reste une grande problématique, d’autant plus dans les pays en voie de développement qui n’auront pas les moyens techniques et financiers pour retraiter ces déchets. Il faut donc une approche plus complète, fournir les ordinateurs avec une formation, des outils adaptés et une filière de retraitement ou de récupération. Limiter le renouvellement et offrir une seconde vie au matériel informatique est toutefois un bon moyen de limiter les impacts générés par cette course effrénée de la dernière technologie. Il faut aussi garder à l’esprit que les ordinateurs sont des appareils électriques qui consomment de l’énergie. Cette consommation peut varier suivant la configuration et les périphériques utilisés. Là encore, on peut voir des monstres de consommation également pour les particuliers (alimentation de plus de 1000W).  Ci-dessus l’analyse d’une alimentation sur un site d’hardware. Ce tableau montre trois exemples basés sur des configurations plus ou moins puissantes. On analyse ici les performances d’un ordinateur personnel, les données peuvent être en-dessous des résultats obtenus sur des serveurs et sur des parcs informatiques professionnels. Sans compter sur l’utilisation quasi-systématique de climatisation dans les salles machines des entreprises ou les entrepôts serveurs. L’article ne traite pas des impacts de la climatisation, sachez simplement que celle-ci utilise des fluides hautement nocifs et extrêmement néfastes sur la couche d’ozone. Elle consomme également beaucoup d’énergie. Il existe des solutions tant sur la gestion de la température que de la consommation énergétique des machines. En effet, des processeurs moins gourmands et des architectures adaptées permettent une réduction significative des besoins électriques. L’informatique est souvent accusée d’être responsable de licenciement et de la disparition de certains métiers. Il ne s’agit que d’un outil, c’est l’utilisateur qui le rend bénéfique ou néfaste. Il est responsable de certains enfermements et drames sociaux : licenciement, déviances sexuelles, exploitations, vols. Mais il est aussi à l’origine de progrès médicaux, d’ouverture sur les cultures, de discussions internationales, de centres d'informations. Au final, d’un point de vue social, il est capable du meilleur comme du pire. Pour résumer, cet article ne propose pas une analyse complète de tous les aspects et relations entre l’informatique et le développement durable. Il propose simplement des pistes de réflexions sur notre utilisation de l’informatique et des répercussions sur notre environnement, notre société et notre économie.
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